Hommage solennel à Samuel Paty

Hommage à Samuel Paty / Sylvia Pascaud-Gaurier en mairie d’Azay le Rideau, le 21 octobre 2020.

 

Mesdames, Messieurs, Chères concitoyennes, Chers concitoyens, 

 

Nous sommes ici réunis, en cette mairie de notre commune, parmi des milliers d’autres communes de France, pour rendre un hommage solennel à celui qui est devenu un héros de la nation.

La mort de Samuel Paty n’est pas plus tragique que celle des petits enfants juifs massacrés à Toulouse par Mohammed Merah en 2012, pas plus tragique que celle des policiers, des dessinateurs et des journalistes assassinés le 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo, ni que celle des victimes du 13 novembre 2015, à Paris, comptées par centaines, puis du 14 juillet 2016, à Nice, ou que celle de ce prêtre égorgé dans son église à Saint-Etienne du Rouvray, douze jours plus tard. Mais, en tant que citoyens d’une république laïque et sociale, la mort de Samuel Paty nous frappe dans ce que nous avons de plus sacré dans nos institutions comme le stipule l’article 1er de notre constitution: l’École !

 

Si j’ai tenu à dresser ce terrible inventaire, c’est aussi pour rappeler, et saluer, la dignité du peuple français. Face à l’épreuve, face à la barbarie, face à l’horreur répétée de ces situations, notre peuple, dont nous sommes ici une petite partie, n’a jamais perdu son sang-froid, jamais succombé à la vengeance, jamais basculé dans la violence. Et si certains ont pu, un temps, se laisser emporter par la colère et l’indignation, c’est toujours la réponse politique qui a prévalu. Le contraire eût été le plus grand service à rendre aux terroristes eux même. Mais cette réponse a-t-elle suffi ? Les faits nous prouvent hélas que non. Pour autant, si la détermination doit absolument l’emporter sur la résignation, et le courage sur la lâcheté, nous devons considérer que, cette fois-ci, c’est une guerre à tout ce que nous sommes, dans nos valeurs démocratiques, qui est déclarée par le fondamentalisme musulman. De ce fait, notre devoir est aussi de protéger nos concitoyens musulmans contre ceux qui veulent les détourner des lois et des principes de cette République qui nous permet de vivre ensemble, qui nous apprend à vivre ensemble. 


Apprendre à vivre ensemble, c’est précisément ce que l’assassin de Samuel Paty a voulu empêcher en accomplissant son acte abominable. Ces gens-là ne veulent pas apprendre à vivre ensemble, ils veulent imposer leur enfer à l’humanité toute entière. En assassinant un enseignant qui donnait un cours sur la liberté d’expression, c’est aussi la République que l’on veut décapiter. Ce n’est pas un hasard si ces monstres s’en sont pris à un professeur. Il y avait déjà eu des dessinateurs, parce que la puissance transgressive du rire, le vrai, celui qui tourne le divin en dérision, fait peur à tous les bigots, à tous les dévots, à tous les fanatiques du totalitarisme religieux. Aujourd’hui, franchissant un pas dans l’abjection, ils s’en prennent à l’école, parce qu’elle est l’outil de l’émancipation, de cette autre puissance incommensurable qu’est le savoir. Ce que les salafistes détestent, c’est le cœur même du projet républicain : des êtres libres que les savoirs universels dispensés par l’école ont délivrés des superstitions et des déterminismes, et qui s’assemblent en une communauté politique pour décider de leur destin. Le fondamentalisme islamique instaure la bêtise, la peur et la soumission, pour contrôler sa « communauté » et étendre son emprise. Tout renoncement à la raison, toute concession faite à l’obscurantisme, toute fragilisation de l’Ecole de la République est un tapis déroulé sous ses pieds, une arme de plus mise entre ses mains.

 

Oui, redisons-le encore et encore, Samuel Paty incarnait tout ce que les intégristes religieux haïssent, la transmission du Savoir. Il a été égorgé parce qu’il enseignait le respect de l’autre, la tolérance, l’écoute d’une opinion différente. Sa façon d’exercer sa mission éducative était aussi de rire avec ses élèves. Pour ces barbares, cela relève du satanisme. Samuel Paty a été décapité au nom d’un islam totalitaire qui veut exterminer toutes les libertés que nous avons conquises. Parlant un jour de la mort à l’issue de l’un de ses cours, il avait formulé le vœu de ne pas mourir pour rien lorsque sa dernière heure arriverait. Dont acte, citoyen Paty, votre martyr, car c’en est bien un, est la première pierre d’un rempart contre les marchands de haine.  

 

Nous ne serons plus les victimes de ceux qui affirment que les femmes et les hommes ne naissent pas libres et égaux en droits. Puisque c’est à l’école que le pays a été attaqué, c’est depuis l’école qu’il doit envoyer son message de résistance et lancer son appel pour que vive la France. Aujourd’hui, nous sommes tous les élèves de Samuel Paty.

À lui, l’hommage d’une nation bouleversée mais décidée à se battre. À lui, le serment que son sacrifice contribuera au salut des enfants de la patrie.

 

 

 

Sylvia Pascaud-Gaurier

Maire d’Azay-le-Rideau

 

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